Pionniers de Touraine

ITW : Charles Paviot

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Interview avec Charles Paviot, Assistant Head Coach Séniors.

  • Bonjour Coach Paviot, peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Bonjour. J’ai été joueur de 1992 à 2000 à Nantes (Drakkars, Firebirds, Dockers) puis suite à une blessure, j’ai souhaité m’investir dans le développement du foot dans le 44 en essayent de copier le modèle de la Jungle Ligue (ligue composée à cette époque d’une 10aine de clubs de flag en Sarthe). Mon souhait initial était d’aider mon club en créant une structure satellite. Installé à Rezé, le club est immédiatement devenu un club de football américain sous l’impulsion de quelques personnes. Après 2 années de bénévolat, une opportunité de devenir CTR de la Ligue s’est présentée, et je l’ai saisie. C’était le début de mon parcours professionnel dans le foot. Ma 1ere mission fut de créer une Section Sportive au Mans, à la demande du Président de Ligue, Yves DAVID, lui même prof d’EPS au sein du Lycée dans lequel la SSS allait voir le jour. On a ouvert les portes en septembre 2005, puis en 2007 les Caimans m’ont proposé de venir m’installer au Mans pour poursuivre en club le travail effectué à la section. Je n’ai pas hésité longtemps, car mon expérience de coach était alors faible, et les Caimans étaient déjà un club important dans le nord ouest. Après 1 première saison uniquement avec les jeunes, j’ai pris l’équipe senior en 2008. 3 saisons plus tard, on montait en DII. On a également fait quelques super saisons en jeune.
J’ai aussi monté des projets comme le “Foot en Quartier” pour le compte du CD72.

  • Quelles sont tes fonctions actuelles autour du football américain ?

Je travaille depuis 2008 pour la FFFA en tant que Conseiller Technique National, notamment en charge de coordonner la logistique des équipes de France.

  • Tu as eu l’opportunité d’assister à des camps d’entraînement aux USA, pourrais-tu nous en dire plus ?

Grace à une rencontre importante en 2004, lors de l’Euro Groupe B à Amiens durand lequel j’étais guide pour l’équipe Russe, menée par 4 coachs américains et notamment Harry Gamble, ex-general manager des Eagles, j’ai pu faire mon 1er camp à Philadelphie en 2006. J’en ai enchaîné 5 au total. Andy Reid et son staff m’ont toujours hyper bien accueillit, et j’ai conscience que l’opportunité était vraiment formidable pour un entraineur européen.
J’ai également participé à quelques camps dans une fac de DIII à Delaware Valley, ainsi qu’au Quebec (Cegep Vieux Montreal, Juvenile Nouvelle Frontières)

  • Comment s’est déroulé ton arrivée au sein des Pionniers ?

J’ai effectué moins de 10 pratiques avec Tours pour le moment. Néanmoins j’apprécie vraiment de pouvoir travailler avec un staff quasi complet. La plupart sont de jeunes coachs, mais très impliqués. C’est donc très appréciable.
Mon job initial était de “coacher les coachs” en apportant quelques éléments techniques supplémentaires, et une méthodologie de travail. J’essaie de le faire simplement, car il faut monter le mur une pierre à la fois. C’est positif de voir le répondant des joueurs qui semblent adhérer au projet.

  • Toi qui officiait donc comme Head Coach des Caïmans du Mans, quelle était ta vision des Pionniers avant de nous rejoindre ?

L’an dernier, j’étais coordo offensif, et JB Gassies était HC des Caimans. J’ai toujours eu une haute opinion de cette équipe. Toujours des matchs difficiles, même si ce fut moins vrai l’an passé car l’effectif tourangeau semblait décimé par les blessures en fin de championnat au moment de notre rencontre. Je sais aussi que le club est bien dirigé. Je n’aurais pas accepté de venir à Tours si je ne pensais pas cela. Tout est réunit pour que les Pionniers redeviennent un très bon club de DII à moyen terme.

  • Quelles sont, selon toi, les forces de cette équipe ?

Il y a de l’expérience et des qualités athlétiques en defense. L’attaque est composée de jeunes joueurs, mais non dépourvus de qualités. Il leur faut s’aguerrir et s’améliorer techniquement. Lorsque toute l’équipe se mettra sous des barres de fonte et aura des bonnes routines d’entrainement, le niveau montera en flèche. Il n’est pas encore suffisamment homogène pour être capable de battre toutes les équipes de DIII, il faut avoir conscience de cela aujourd’hui. Par expérience, je peux vous assurer que dans 1 à 2 saisons, cette réalité peut changer. Tout dépend désormais de l’investissement individuel des gars.
Pour avoir vu les jeunes du club, je suis très rassuré sur le potentiel du club à produire de futurs talents qui seront les titulaires de demain.

  • Quels sont tes objectifs pour cette saison, et les années à venir ?

Nous devons “apprendre à nous entraîner” pour franchir un cap. Ce coté est plus facilement maîtrisable pour les coachs. Ce qui l’est moins est la disponibilité des joueurs aux pratiques, et leur préparation physique personnelle. Quand ces facteurs seront réunis, ont pourra avoir l’ambition de se projeter sur une accession en DII. Pas mal de joueurs ont connus les 2 dernières saisons à ce niveau, et savent que chaque dimanche on y rencontre des équipes très athlétiques, quasi toutes possédants 2 imports notamment…
L’idée n’est pas de “faire un coup” en se renforçant et en montant immédiatement. Car si 2 imports font toute la différence en DIII et peuvent vous amener un titre, c’est un peu moins vrai en DII. Il faut donc poser les bases d’une ossature d’équipe hyper solide, complète, bref, de la quantité et de la qualité.
A court terme, je pense que nous pouvons accrocher les playoffs cette saison, c’est évidement notre objectif. Je ne connait pas du tout le niveau des Templiers B, Strickers ou Monarques. On connait maintenant le niveau des Chevaliers, et au moins là, on sait qu’on rivalise. Il faut prendre chaque match l’un après l’autre. Le match le plus important est toujours le prochain.

  • Quelles sont tes réactions suite à cette courte défaite face aux Chevaliers, donnés favoris de la poule ?

Je croyais que les favoris c’était les Pionniers !! (rires…)
On a cru longtemps en nos chances. J’ai été impressionné par la qualité globale de notre défense. On a plié sans rompre pendant 45′. Dommage d’encaisser ce TD à 3′ de la fin, mais le football c’est ça ! C’est pourquoi, là encore, nous devons augmenter notre densité physique.
Notre attaque a fait de belles choses, malgré une défense Orléanaise bien en place, mais sans jamais enchaîner les jeux positifs. Il y avait des failles visibles depuis le sideline, mais c’est autre chose quand tu es sur le terrain : il faut produire. Et on a pas su le faire. On a commencé avec de mauvais field position la plupart de nos possessions offensives. A cela tu ajoutes un grand nombre de pénalités qui nous ont amenés en 2&15, 3&15… Tu ajoutes 4 turnovers. Tu additionnes le tout et tu arrives au résultat de 0 point….
Dommage, mais finalement pas illogique. Trop d’indiscipline et d’erreurs d’assignation pour prétendre avoir le dessus sur une équipe des Chevaliers qui n’a certainement pas usurpé son statut de “favori” de la poule.

  • De plus en plus d’équipes françaises s’inspirent d’équipes universitaire (Shotgun, Pistol, Zone Read, Read Option, formation écartées, tempo rapide etc.), quelle serait selon toi l’offensive idéale, si elle devait exister ?

L’offense idéale est celle qui ne commet jamais de turnovers, et qui inscrit un TD sur chaque possession…. Elle n’existe donc pas
Aucun système n’est meilleur qu’un autre. Un bon système est est adapté aux qualités athlétiques et techniques de ses joueurs, et peut être coaché avec pertinence par le staff. On veut trop vite enterrer des systèmes “historiques” (Wing T, Flexbone, Wishbone, ..) au profit des systèmes modernes “plus sexy” car ils sont désormais légion en universitaire US. Mais il faut avoir les connaissances pour appliquer ces systèmes, ainsi que les joueurs pour l’appliquer.

  • Comment vois-tu le football américain en France d’ici 10 ans ?

Joker ! Il y a trop de farfelus qui gèrent des clubs, et trop de facteurs parasitant au niveau institutionnel pour pouvoir avoir une vision optimiste de notre développement. Il y aura toujours quelques bons exemples de structures bien organisées/dirigées, et la FFFA incite actuellement au développement de projets locaux. Cette aide financière permettra certainement d’insuffler des bonnes dynamiques. Mais sur un plan national, on a beaucoup de point faibles : faible niveau et investissement des coachs, professionnalisation quasi nulle, faible développement physique des joueurs, vision à long très court terme des dirigeants… Il faut etre patient, coordonné et avoir une vision à long terme sur la structuration d’un programme de football. Difficile quand les dirigeants occupent un poste 2/3 ans et puis s’en vont.
C’est très dommage car ce n’est pourtant pas le potentiel de joueurs qui manque en France.

 

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